J'ai rechuté, encore, ce n'était pourtant pas bien grave, ce n'était qu'une fois, comme sa, mais cela prouve que je n'ai pas avancé, la drogue reste un problème sans solution pour moi.
C'est une preuve de manque de volonté certains, je n'arrive pas à passer outre, je me suis rendue à cette soirée, et voilà, avec toujours ces même gens vils et vicieux, des gens dangereux, beaux de par leur état, parce- que c'est vrai, je trouve les camés magnifiques, cette déchéance inscrite sur leurs visages me plait et me passionne.
J'avais beau être sous l'emprise des prods, certains m'ont marqués, comme ce jeune homme, grand, brun, au regard méchant, les dents attaquées par l'acide, ou celui là qui ne cessait de passer sa langue sur ces dents pour sentir son pochon, ou alors cette jeune femme, une fluokid, qui se mettait des gouttes de LSD dans les yeux, nous étions tous là sans l'être réellement, tout le monde voyait et consommait, mais personne n'agissait, c'était très particulier. Je me demande comment cela se fait qu'aucun flic ne débarquait, une soirée publique à thème...C'est pourtant presque indiqué sur le fly, certes nous étions libres, mais au final libres de nous injectés des petites doses de Mort dans les veines.
Sachez que dans ce milieu, personne n'a de conscience, on vend des choses qui peuvent nous faire faire une attaque cardiaque en quelques secondes à peine, je ne suis qu'une enfant et je pense que c'est à des personnes comme moi qu'on vend le plus facilement, si vulnérable, si fragile, et tellement pleine de fric, c'est dégueulasse, mais c'est comme sa.
J'ai commencé par des psilos, pas terrible, j'ai attendu presque une heure avant de ressentir les effets qui d'ailleurs n'ont pas durrés longtemps, j'ai bu et fumé pour les faire monter un peu plus, sans trop trop de conséquences, les pavés sur la route se déforment, les murs m'apparaissent tranchants, les trottoirs sont faits d'eau,et les sons arrivent comme des fusées.
Arrivés là- bas, on observe, on regarde, certains étaient en plein trip, moi j'étais en phase attaque de panique, un sentiment de dépersonnalisation et d'agoraphobie, presque une envie de mourir. On ressort fumer une clope, et là un homme nous propose de l'ectasy, nous acceptons, et gobons bien gentillement nos substances, puis une trentaine de minutes plus tard c'est partit, mon esprit est complétement contrôlé, je fais preuve d'un profond mutisme qui inquiète quelques personnes, mais en réalité j'étais juste dans mon monde, le mien, des choses refoulées de mon inconscient me viennent à l'esprit, je trouve des réponses à mes questions...Pourquoi, pourquoi je suis là, sa craint regardez moi ce spectacle, comment autant de personnes peuvent se perdrent ici, je ne comprend pas, moi qui suis jeune et avide d'expérience, d'accord. Mais Eux, Eux qui doivent posséder une quarantaine d'années, et sûrement des enfants, une famille....Après tout, chacun sa merde, et Dieu pour tous.
Je ne publie pas ce texte pour être jugée, simplement pour faire part de mon expérience, ne tentez jamais quelque chose s'en le connaître, car avant même que vous puissiez commencer à le cerner, lui vous aura déjà bouffé. Malgré tout, je tiens bon, et ne sombrerais pas comme avant, je m'accroche à mon travail, à ce que j'ai de plus vrai...Ce n'était que comme sa...